Saison civelle 2025 – 2026: Des signaux d’abondance indéniables, mais des conditions climatiques et réglementaires peu favorables à l’exercice de la pêche et au marché du repeuplement.

Aux contraintes réglementaires sur l’exercice de la pêche imposées sans discernement par la Commission Européenne sur la durée et la non flexibilité des périodes de pêche, se sont surajoutées des conditions hydro-climatiques peu favorables à la capture des civelles et à leur transfert vers le Nord de l’Europe en début de saison. 

Ici une vue d'une rivière de Charente maritime avec un froid persistant après une période crue intense.

Selon Météo France, si l’hiver a été parmi les plus doux recensés depuis 1900 en France, les précipitations saisonnières ont été parmi les dix plus intenses depuis 1959. Ceci a provoqué des crues majeures en Garonne, Maine, Loire et Charente par exemple, puis plus tard en Bretagne (dont les cours d’eau ont été placés en vigilance crue pendant 40 jours depuis le 1er janvier 2026). 

Dans le Sud- Ouest de la France, les pêcheries commencent plus tôt dès le mois de novembre pour s’arrêter à la fin du mois de janvier sur l’Adour, un peu plus tard pour le bassin de la Garonne- Dordogne  – Charente (fin février) mais avec un début de pêche plus tardif vers la mi-décembre. (voir pour plus de précisions l’actualité : datespeche.pdf ). 

Dans ces conditions, si les températures sont très froides dans le Nord de l’Europe, il est très difficile d’alimenter les programmes de repeuplement qui utilisent directement les civelles transférées sans passer par la filière de production d’anguillettes.  Ceci explique la consommation extrêmement basse du quota de civelle de repeuplement dans le bassin de l’Adour.  

Malgré ces conditions peu propices au secteur de la pêche, lorsque les conditions climatiques étaient favorables  les captures par sortie ont été élevées comme en témoignent certains de nos adhérents. Quota de consommation atteint en un mois sur le domaine fluvial dans le bassin de l’Adour. Sur la Loire en fluvial une arrivée tardive, mais des quotas rapidement atteints au mois de janvier ; malgré le froid sur Le Lay un bilan pour la civelle de consommation très correct. 

Le tableau ci-dessous (d’après données du CNPMEM) fait le point sur les débarquements de civelles  de la pêche maritime à la fin du mois de mars 2026. Comme précédemment indiqué, certaines unités de gestion  comme le bassin de l’Adour et des cours d’eaux  côtiers ont peu utilisé leur quotas de civelles pour le repeuplement. 

ConsommationUGAQuotaConsommé (kg)Consommé (%)
ADR11011 070,71697,25 %
ARP470383,21581,54 %
BRE19792 023,400102,24 %
GDC45914 579,28099,74 %
LCV21491 830,85085,20 %
LOP81907 811,78095,38 %
SEN660577,80087,55 %
Consommation Total1914018 277,04195,49 %
RepeuplementUGAQuotaConsommé (kg)Consommé (%)
ADR801260,38832,51 %
ARP330180,61554,73 %
BRE29692 926,39098,56 %
GDC81117 521,66592,73 %
LCV32032 663,60083,16 %
LOP1230611 080,35090,04 %
SEN990118,50011,97 %
Repeuplement Total2871024 751,50886,21 %
Captures en kgUGAQuotaConsommé (kg)Consommé (%)
ADR19021 331,10469,98 %
ARP800563,83070,48 %
BRE49484 949,790100,04 %
GDC1270212 100,94595,27 %
LCV53524 494,45083,98 %
LOP2049618 892,13092,17 %
SEN1650696,30042,20 %
Total :4785043 028,54989,92 %

Le marché

L’AFPMAR commence à imposer sa marque au niveau européen. Les deux mareyeurs adhérents ont fait un très gros travail d’explication et de valorisation de notre traçabilité et des efforts de la profession pour participer activement à la gestion et à la restauration de l’espèce. Il nous faut continuer dans cette voie et bien insister sur le fait que l’on pourrait faire beaucoup mieux à la fois pour la protection de cette ressource et de ses habitats et pour l’économie de cette pêcherie injustement pénalisée par l’administration européenne. 

Les premiers éléments que nous pouvons tirer de cette campagne pour le marché de la civelle en Europe sont les suivants:

  1. Pour le repeuplement, les deux mareyeurs affiliés à l’AFPMAR ont été en manque de civelles et n’ont pu honorer toutes les demandes des acheteurs européens, et ce malgré des propositions de prix allant jusqu’à 210€/kg. En moyenne le prix de la civelle de consommation s’est stabilisé autour de 180€/kg.
  2. Pour la civelle de consommation, le prix comme d’habitude a été beaucoup plus élevé de l’ordre de 400- 450€/kg en moyenne. Notons qu’il est au moins 10 fois inférieur à ce que le marché asiatique consent pour s’approvisionner en civelles, marché interdit sans explication par la Commission Européenne au secteur de la pêche civelière en Europe. 
  3. Les mareyeurs mettent en avant l’extrême rigidité du calendrier qui n’a aucune raison d’être au plan de la gestion de cette espèce (compte-tenu de la définition de quotas). Ceci risque de pénaliser fortement et encore plus les pêcheries du sud qui ont des calendriers de pêche qui commencent précocement.