Quand les bureaucrates de Bruxelles ignorent la réalité de terrain.

Il fallait s’y attendre et les pêcheurs professionnels avaient prévenu les administrations bruxelloise et nationale: la rigidité des calendriers de pêche uniquement imposée pour faire plaisir  à certains lobbies n’est pas adaptée au travail de ceux qui vivent de la pêche, surtout quand le poisson ne fait que passer. 

Nous sommes au début du mois de janvier et déjà le calendrier des pêches de civelles par la pêche maritime est bien entamé dans certains estuaires. Les prévisions annoncent au moins du froid pour la fin de la semaine et dans beaucoup d’estuaires, il ne va pas rester grand chose comme temps de pêche pour la civelle de consommation qui représente le marché le plus porteur : datespeche.pdf . Nous avions déjà signalé cette contrainte aux administrations dans un  précédent  article : Encore une usine à gaz sous la pression de Bruxelles : les dates de pêche pour la civelle ! – Anguille Responsable. 

Avec des périodes de froid nombreuses et intenses: la pêche est à l'arrêt

Ici une courte vidéo prise en ce début du mois de janvier sur l’estuaire inférieur de La Loire.

Que cela soit dans le bas ou le haut de l’estuaire de La Loire, en Charentes, en Vendée, mareyeurs et pêcheurs sont bloqués par les intempéries. Cela n’a guère été mieux sur le bassin de l’Adour ou sur la Gironde qui ouvraient plus précocement. 

Un secteur de la pêche qui se sent méprisé et à qui l'on offre de moins en moins de perspectives d'avenir en imposant des contraintes inutiles.

Nous l’avons déjà dit : ces périodes ne servent à rien puisqu’un quota est défini conformément au cadre de gestion inscrit dans le règlement UE 1100/2007 pour réglementer cette activité en France. 

Cette imposition de périodes fixes par des personnes qui sont totalement en dehors des réalités du terrain avec une baisse de quota fixée de manière unilatérale et sans contrepartie, contribuent à renforcer le sentiment des pêcheurs que leur activité est méprisée et qu’ils constituent une variable d’ajustement aux autres usages qui n’ont pas atteint les objectifs qui leur ont été assignés par ce même règlement. 

Imposer des dates de pêche rigides, c’est restreindre drastiquement nos possibilités de pêche, voire nous pousser à sortir dans des conditions dangereuses et peu favorables à la capture de l’espèce. 

Une surenchère réglementaire que nous dénonçons !

Il est important de rappeler que la profession n’a jamais mesuré ses efforts pour préserver l’espèce ! Quotas, licences, périodes de pêche limitées et très courtes, déclarations strictes, suivis scientifiques, coordination des repeuplements, mortalité après pêche fortement réduite, traçabilité contrôlée par l’administration,… Les résultats sont là : le recrutement en civelles est en forte augmentation ces dernières années. Que l’on ne vienne  pas nous dire que le secteur de la pêche et du mareyage n’y est pour rien alors que tous les autres usages n’ont rien fait pour diminuer leur impact. 

Ce que nous dénonçons c’est cette surenchère réglementaire qui n’apporte rien de plus à la protection de l’espèce, qui ne prend pas en compte les contraintes liées à l’exploitation d’une ressource naturelle, qui impose une pression mettant socialement et économiquement notre métier en danger et sans bénéfice supplémentaire pour l’espèce. 

La protection de l'anguille doit se construire avec les pêcheurs et non contre eux, en prenant en compte les particularités de leur métier !

On ne peut avec des périodes de pêche aussi courtes : 30 jours pour la civelle destinée à la consommation plus 50 jours pour pêcher de la civelle utilisée pour le repeuplement avoir un calendrier aussi strict imposé par des personnes dans des bureaux qui eux peuvent se mettre en télétravail et qui sont payées quand les conditions ne leur permettent pas de faire leur activité sur place. Ce n’est pas le cas des pêcheurs qui travaillent en plus sur une ressource mobile et capturable en un temps limité.