Inscription de l’anguille européenne à l’Annexe I de la CITES – Dernières nouvelles

Interpellée par divers acteurs, Madame La Député Européenne I. Le Callennec  a interrogé la DG ENVI de l’UE sur la possibilité d’inscription de l’espèce à l’annexe I de la CITES.

Rappelons que cette espèce est inscrite à l’annexe II de la CITES, ce qui oblige avant tout transport en dehors de l’aire de répartition de l’anguille européenne d’obtenir un certificat d’effet non préjudiciable. 

 Dans sa question écrite P-000590/2025 à la Commission , Madame Le Callennec signale : « Une telle mesure (inscription à l’annexe I) aurait de lourdes répercussions sur la filière pêche française, y compris les maillons en aval, puisqu’elle interdirait la commercialisation des anguilles européennes à des fins de consommation et conduirait ainsi à la fermeture de certaines pêcheries artisanales, qui sont pourtant déterminantes dans le processus de repeuplement et de reconstitution du stock« .

A cette question, la Commission a répondu que : « L’inscription à l’annexe I de l’anguille européenne (Anguilla anguilla, actuellement inscrite à l’annexe II) a notamment été envisagée compte tenu de l’avis du Conseil international pour l’exploration de la mer. Toutefois, l’analyse et la contribution apportées par les experts des États membres, les parties prenantes et d’autres États de l’aire de répartition de l’anguille européenne ont conduit la Commission à conclure qu’un examen plus approfondi de l’incidence potentielle d’une reclassification sur l’état de conservation de cette espèce était nécessaire. Par conséquent, à ce stade, la Commission n’a pas l’intention de proposer au Conseil d’inscrire l’anguille européenne à l’annexe I de la CITES« .

Si la Commission a ajourné sa demande d’inscription de l’anguille à l’annexe I, inscription  qu’elle devait proposer à la prochaine Conférence des Parties (COP 20), du 24 novembre au 5 décembre 2025, elle ne l’a cependant pas abandonnée. Une fois de plus, il nous semble inadmissible que l’on envisage de prendre ce genre de décision sans qu’une évaluation sérieuse des plans de gestion nationaux concernant l’anguille soit effectuée ainsi que l’a demandé le rapport du Parlement Européen de novembre 2023 (rapport Van-Ruysen). 

Nous rappelons que l’expertise effectuée par le CIEM se base sur des indicateurs de recrutement en civelles qui ne prennent plus en compte depuis 2008, les observations précises collectées sur les principales pêcheries du golfe de Gascogne. Celles-ci montrent  l’accroissement très net ces dix dernières années des captures de civelles par sortie , bien supérieures à celles détectées durant le début des années 2000. 

Il est anormal que la Commission continue à s’acharner, pour des raisons inexpliquées, sur le secteur de la pêche alors que les autres facteurs anthropiques agissant sur l’artificialisation des estuaires et la limitation de la continuité écologique n’ont fait que peu ou pas d’efforts pour minimiser leurs empreintes écologiques. Nous redemandons avec insistance aux autorités européennes qu’une évaluation des plans de gestion anguille soit menée dans les plus brefs délais. Il en va de la crédibilité des instances européennes en matière de protection et de gestion des ressources naturelles.