La proposition concernant les nouvelles dates de pêche suscite une colère légitime chez les pêcheurs civeliers, colère profondément justifiée.
L’AFPMAR ne comprend pas l’intérêt de fixer des dates de pêche aussi encadrées et limitées alors que le nombre de licences est contingenté, le quota est établi par un comité scientifique de manière à être conforme aux objectifs du règlement UE 1100/2007 et l’application de la clé d’allocation consommation/repeuplement permet de faire une répartition par UGA (Unité de Gestion Anguille) et par catégorie de pêcheurs professionnels: maritimes et fluviaux. Cerise sur le gâteau, les flux de civelles n’ont jamais été aussi importants depuis au moins une vingtaine d’années.
Bref, beaucoup de vent pour rien !
Certes, lorsque la Commission Pêche et Affaires Maritimes de l’UE et son chef, Monsieur Sinkevicius, n’avait qu’une seule pensée: éradiquer la pêche par tous les moyens et interdire l’exploitation de la civelle pendant sa période de remontée principale (double avantage on pêche pendant que la civelle n’est pas ou peu là et en plus les pêcheurs ne peuvent pas demander de compensations), on pouvait comprendre cette discussion de marchands de tapis entre administrations nationale et bruxelloise, mais maintenant que le Commissaire a changé, il serait temps, quand même, d’avoir une explication franche sur l’efficacité d’une telle mesure qui n’apporte que des tracas supplémentaires à une profession plus que traumatisée et qui a une activité de pêche parmi les plus encadrées en Europe.
Pas besoin de faire de grandes études
Dès lors qu’un quota est établi, le prendre en 30 jours pour la consommation ou en 90 jours c’est du pareil au même pour le stock et permettrait peut-être de lever un peu la pression sur le secteur pêche qui est le seul à avoir atteint ses objectifs. La pêcherie professionnelle a été affaiblie socialement et économiquement par des décisions non comprises car non expliquées à ceux qui les subissent. Il serait temps de mettre un peu plus d’échanges entre acteurs dans la gestion de cette espèce.
Alors un peu de bon sens et de pragmatisme
Pour nous redonner confiance envers une administration dont on se demande si le seul but ne serait pas d’éradiquer la petite pêche pour permettre le pillage débridé de nos écosystèmes continentaux, estuariens et littoraux. Nos observations quotidiennes montrent en effet que les autres usages n’ont pas fait beaucoup d’efforts. C’est très mal parti pour une adaptation réussie au changement climatique de plus en plus intense qui nous attend.
Il serait grand temps, comme les pêcheurs professionnels le réclament depuis plusieurs années, de mettre en place une procédure d’évaluation des plans de gestion avec la participation de tous les acteurs comme l’ont demandé nos parlementaires européens en novembre 2023.